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Blog

Publié le 09/12/18

Prévoir 8 jours de marches c'est bien. Oublier d'inclure du temps de repos c'est rude !

En route pour Usson-en-forez

A Usson, mon papa me rejoint (à nouveau) pour trois jours.

Une petite verveine pour faire passer le vin chaud. L'hiver est rude ici, il faut savoir se préparer. 

La journée se termine tranquillement à Pontempeyrat.

La discothèque du coin. Si je vous assure ! C'est écrit dessus. 
Bienvenu en Auvergne. 


Le lendemain une grosse journée nous attend. Au final nous parcourons 32km en 9h de marche. 

Le gras c'est la vie. 

Quelques courses à l'unique épicerie du village et c'est parti pour une journée de marche sous la pluie et le vent.

Déguisé en rocher, c'est ma tenue de cayouflage. 

Pour augmenter la difficulté, le chemin a été complètement défoncé pour l'enfouissement de lignes haute tension. Nous sommes obligés de marcher à côté et de contourner les flaques d'eau.

A gauche le chemin... Dumoins ce qu'il en reste 

Pour augmenter la difficulté, le chemin a été complètement défoncé pour l'enfouissement de lignes haute tension. Nous sommes obligés de marcher à côté et de contourner les flaques d'eau.

Couche de soleil et chemin défoncé. 
Ok. La photo ne donne pas grand chose mais avec un peu d'imagination on y voit parfaitement un superbe ciel étoilé. 

Publié le 12/12/18

Après une bonne nuit de repos et un excellent plat de lentille verte. Débute la dernière étape avant le puy en Velay.

Je crois que l'objet de notre quête ce trouve juste derrière cette colline. La route de compostel est parfois mystérieuse. 
Click clack!  C'est dans la boîte. 
Pause casse croûte à base de fourme celle d'ambert est connue mais je vous recommande celles d'yssingeaux et de montbrison. D'ailleurs connaissez vous la variété de fromage la plus rapide ? La chris-fourme. 😂

Pas de pluie ni de vent aujourd'hui. Un grand soleil ☀. Quel plaisir. En revanche on a sorti les gants.

Il faut bien quelque chose pour accompagner les lentilles... Coucou porcinet. 🥓 
On croix bien faire. 
Vue depuis la ville fortifiée de Polignac, option arc en ciel 
Polignac. 
Et puis le puy

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Publié le 12/12/18

Aujourd'hui repos et visite du puy. Voici une présentation des principales curiosités locales

La vieille ville et ses ruelles médiévales. Remarquez l'ingéniosité du caniveau. 
La cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation qui abrite l'énigmatique "vierge noire". 

La ville est marquée par l'histoire et la religion. Mais il y a quelques autres spécialités.

Et pour finir la visite un petit tour sur le marché de Noël et la préfecture. Chaude ambiance garantie.

Le puy marque la fin des chemins jacquaire. Demain je repars direction Ales par le chemin de Stevenson.

Publié le 12/12/18

Je sors du puy pour rejoindre le monastier sur gazeille. J'emprunte le GR70, chemin de stevenson, pour contourner le mont gerbier de jonc et les reliefs ardechois du gr7. Et puis il me sera plus facile de trouver des hébergements car le chemin est plus fréquenté.

Pour changer, voici une petite vidéo de la journée. 🎬

Premier jour sur le Gr70

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Publié le 14/12/18

230km pour atteindre Alés

Le monastier est le point de départ de Robert louis Stevenson, auteur (entre autres) des romans "l'île au trésor" et "Dr jeckyll et M. Hyde". 

Et comme le dit le comédien en mal de grande ville : plus je serais loin des tracteur plus je serais près d'être acteur. 

Au moment de son départ, Stevenson à 28 ans. Sa vie personnelle est plutôt compliquée : issu d'un milieu aisé, il est financièrement dépendant de son père Thomas, lequel voit d'un assez mauvais œil la vie de bohème que mène son fils ainsi que ses ambitions littéraires ; côté cœur, en pleine époque victorienne, il fréquente Fanny Osbourne, une femme mariée (mais séparée de son mari) et mère de deux enfants. Lorsqu'en août 1878 cette dernière repart en Californie, Stevenson sombre dans la déprime. (merci Wikipedia). 

Pour se changer les idées, il part en voyage dans le sud de la France. 

La bonne blague... Si je ne trouve aucun autre moyen pour traverser je vais devoir enlever mes chaussures et mettre les pieds dans l'eau glacée. 😓
Les bâtons sont très utiles pour éviter d'être emporté par le sac à dos. 

Stevenson partira pour un trajet de 192km en 12 jours (du monastier à st jean du gard) avec une ânesse : Modestine. En effet l'aventurier emportera plus d'une centaine de kilos de matériel à son départ (non mais allo quoi! Le type part en rando avec des trucs inutiles... Mais qui fait ça ?! 😂).

Moi à la fin de la journée.

La froidure du chemin est compensée par la chaleur de l'accueil. Un grand merci à Karell et Émilie du gîte "la retirade". J'ai passé un super moment. 😊 

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Publié le 14/12/18

Au bouchet st Nicolas, l'hiver est là ! 🌨️

Le bouchet saint Nicolas n'est pas le titre d'une histoire mais bien le nom d'un petit village. Le plus amusant est d'y être début décembre, quelques jours après la commémoration de la Saint Nicolas.

C'est reparti ! Comme je suis heureux d'avoir porté 18kg de vêtements chaud en prévision de ce moment. 🤗

Difficile de prendre le temps pour raconter mes aventures en ce moment. [ndlr : articles mis à jour].

Les paysages du chemin de Stevenson sont très différents de l'étape menant au puy en Velay et, avec l'altitude, le froid est beaucoup plus présent. Le sol est gelé et le vent intensifie la morsure du froid.

Je pencherai pour un bébé tigre blanc. 
Le velo-rail de pradelles à langogne. Un truc à essayer quand ce sera la saison. 

J'oscille autour des 1000m d'altitude. En dessous, l'herbe est verte et le chemin boueux; au dessus, la neige et la glace offrent un panorama hivernal. 

J'ai presque envie d'enlever le pull...
... mais finalement je le garde.
Après avoir passé le point le plus haut de la journée (1265m) je redescend paisiblement sur Pradelles. Aujourd'hui j'arrive avant la nuit. C'est cool. 
Pour finir de se rechauffer, quelques gorgées de dodo brassée sous le soleil de la Réunion. 

Publié le 15/12/18

La nuit a été très, très, très, trèèès tranquille. Seul client du gîte et seul occupant du bâtiment à l'exception du taulier,  aucun bruit extérieur n'est venu déranger ma nuit. La rue est deserte. Le village entier semble vide. C'est trop calme. J'aime pas trop beaucoup ça. J'préfere quand c'est un peu trop plus moins calme. 

Rue de Pradelles 

Cela dit le repas créole et la gentillesse des aubergistes m'ont fait passer une bonne soirée. Il fait -4°C lorsque je reprends ma route. 

Premier étage du jour : Langogne
L'actualité me rattrape : je croise mon premier point de blocage de Gilets Jaunes. 

Langogne est située en Lozère et a la frontière de la haute loire et de l'Ardèche. A l'entrée de la ville un groupe de gilet jaune ralenti les automobilistes avec le sourire en leur offrant du café et des tranches de cake maison.

Rue principale de langogne. 😊
Désolé les gars, je n'ai plus de pomme. Mais j'ai des caresses par lot de 10.

A l'ombre des rues ça caille ! ☃️. Ducoup je ne traine pas. Je fais un petit tour sur le marché et me dirige droit vers les forêts du Gévaudan. 

J'entrerai bientôt dans la forêt. Je me demande si la fameuse bête du "j'ai-vos-dents" ne serait pas simplement la petite souris. 
Au début de mon voyage j'ai beaucoup apprécié les couleurs chaudes de l'automne. Maintenant que l'hiver est là et que le blanc remplace l'orange et le jaune, j'ai le sentiment que le romantisme succède à la passion avec toujours autant de beauté.

Le chemin passe par Saint flour de Mercoire. Petit village très tranquille. De façon générale les gens me saluent facilement et me trouvent courageux de faire le chemin de stevenson par ce temps. Je ne suis pas de leur avis. Le courage a été de partir le premier jour, d'affronter ses peurs et de se lancer dans l'inconnu. Marcher dans le froid, selon moi, est juste une question d'équipement et de détermination. 

J'ai croisé beaucoup de chien. La plupart grognant pour chasser l'étranger qui approche trop près de la maison. Souvent j'utilise mes bâtons de marche pour les maintenir en respect et passer sans soucis. Cette fois le chien c'est jeté sur moi pour me donner des lechouilles et recevoir des caresses. 
Des poètes ! 
Malgré la neige et le froid. Il n'y a quasiment pas de vent aujourd'hui. J'ai donc gardé les gants et le manteau mais j'ai enlevé le pull. 

J'arrive au seul hébergement disponible du coin en cette saison. Un hôtel à Chaudeyrac. 

La dernière dénivelé. L'ascension la plus pénible de la journée. 

Stevenson par ci, Stevenson par là. J'ai envie d'en savoir un peu plus sur le bonhomme. Ce soir je récupère son livre "Voyages Dans Les Cévennes Avec Un Âne" en version audio.

Dès les premiers chapitres je reconnais les endroits qu'il décrit. Je sens que le récit de ce type, d'une trentaine d'années, qui n'avait jamais vraiment randonné seul, cherchant à oublier ses peines et à mieux se connaître, va me parler. 

Publié le 16/12/18

« Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L'important est de bouger, d'éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le nid douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex »

Extrait du chapitre « Cheylard et Luc », Stevenson
En marchant j'écoute la lecture du livre de Stevenson.

Le temps s'est adouci et j'ai du sortir le poncho pour me protéger de la pluie. Cette fois encore j'étais seul à l'hôtel.  Noël se prépare et cela me rappelle que j'avais prévu d'arriver à Saint Guilhem dans 8 jours. Je ne suis pas certain d'y être à temps. Cela n'a, en réalité, aucune importance. 

A quelques kilomètres de Chaudeyrac, le village de Cheylard l'évêque. 
Je retrouve l'ambiance dépeinte par Stevenson dans son recit de 1879. Il semblerait que le temps n'a pas eu d'emprise sur cet endroit. Simplement que les chevaux sont fiscaux aujourd'hui.

Alors que je chemine je reconnais les cris et les aboiements des chasseurs. J'installe un gilet fluo sur le haut de mon sac et donne des petits coups de siflets réguliers. Malgré ces précautions j'ai toujours un peu peur et je reste vigilant. 

Une petite pause bien à l'abri. 

Malgré des dénivelés plus importants, la  marche est monotone. J'ai quelques très légeres douleurs au côté droit : cheville, genoux , hanche et une tendinite naissante au bras droit. Très certainement à cause de l'usage régulier des batons et d'une fatigue générale. 

Cependant mon esprit est toujours très actif et je ne m'ennuie pas. La marche fait ressurgir de très vieux souvenirs, de façon totalement aléatoire et incontrôlée. Defois c'est drôle, defois ça agace et parfois ça fait mal. 

Un petit plongeon ? Aucun risque de se cogner : la glace à fondue.
Tu vois Robert, les mats blancs avec les helices ? Non pas des moulins à vent... mais des éoliennes..c'est comme une sorte de moulin qui permet de produire de l'électricité. Oui de l'élec....laisse tomber. 

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Publié le 19/12/18

Je me suis bien reposé à Luc, même si je suis toujours sujet à de grosses insomnies. Avant de partir je prend le temps de discuter avec mon hebergeur. Je décolle un peu plus tard qu'à l'habitude. 

Le village le plus petit de France ^^
La frontiére est bien marquée.
Au départ de Luc, en direction de Notre Dame des Neiges

A la mi-journée je me trouve devant un choix. Deux chemins menant au même endroit s'ouvrent devant moi, quasiment équidistant. La carte n'est pas asser précise pour m'aider a trancher et il le smartphone est hors connexion.

Pas de réseau et deux directions possibles pour se rendre au même endroit. Comment choisir ? 
Les dés ont parlés : sud est. 

J'ai donc utilisé un accessoire indispensable : mon dé de voyage (octaédre du systeme quadratique, comme quoi les cours de cristalographie m'auront servi une fois dans ma vie).

Notre dame des Neiges porte bien son nom. 
Un homme poussant un brouette à l'approche de Notre-Dame-Des-Neiges ??? Mais ce doit être le pére Appolinaire décrit par Sevenson. Il aurait environ...180 ans.

L'abbaye cistercienne n'est malheureusement pas visitable. Je fais simplement un petit tour dans la boutique monastique avant de redescendre vers la Bastide.

C'est tout moi ! non ?? 
Do you see the light ?
Une fin de journée magnifique et chaude.

Je retrouve le Gr7 à la Bastide Puylaurent. En passant par le Puy en Velay et grâce au chemin de stevenson j'ai contourné le mont gerbier de jonc et les plateaux ardechois. En revanche, il va me falloir traverser le mont Lozère et passer par le pic Finiel, point culminant des cevennes . Bien que la météo soit clémente, je préfére ne pas prendre de risque. Il va falloir trouver une astuce pour le contourner.